Face à la crise hydrique, le dessalement de l’eau de mer gagne du terrain dans de nombreuses régions du monde. Longtemps cantonné à quelques pays riches du Golfe ou à des îles sans nappes phréatiques, il est aujourd’hui présenté comme une solution d’avenir. Mais une question majeure se pose : quel modèle de dessalement voulons-nous ?
La majorité des projets actuels suivent une logique industrielle centralisée, importée du siècle dernier. Ce modèle, hérité de l’ère des grandes infrastructures, montre aujourd’hui ses limites – écologiques, énergétiques, sociales. Chez Seawards, nous croyons qu’il est temps de changer de paradigme : penser le dessalement comme une réponse locale, résiliente, régénérative. Autrement dit : sortir du modèle centralisé.
Le modèle centralisé, hérité et dépassé
Le modèle dominant du dessalement repose sur des installations de très grande taille, souvent situées en bord de mer, alimentées par des sources d’énergie fossile, et intégrées dans des systèmes de distribution à grande échelle. Ces unités fonctionnent principalement avec l’osmose inverse, une technologie certes éprouvée, mais très gourmande en énergie, en maintenance, et en composants importés.
Ce modèle présente trois limites majeures :
- Un coût énergétique et écologique élevé : l’empreinte carbone de l’osmose inverse reste difficilement compatible avec les objectifs climatiques.
- Une gouvernance éloignée des territoires : les décisions sont prises à des niveaux étatiques ou industriels, sans implication réelle des usagers.
- Une faible résilience : une panne, une crise énergétique, ou une rupture d’approvisionnement en membranes peut compromettre l’ensemble du système.
Dans un contexte d’incertitude climatique, de fragmentation géopolitique et de rareté croissante des ressources, ce modèle montre ses failles. Il est temps d’ouvrir la voie à des modèles plus agiles, adaptés aux réalités de chaque territoire.
Une nouvelle génération de solutions ancrées localement
Les solutions décentralisées s’imposent peu à peu comme une alternative crédible. Elles reposent sur des unités de dessalement plus petites, conçues pour répondre à des besoins locaux, avec une gouvernance partagée et une empreinte environnementale réduite. Ces systèmes peuvent être intégrés à des micro-réseaux d’eau, couplés à des énergies renouvelables, et gérés par des collectivités, des coopératives ou des acteurs de l’économie sociale.
Chez Seawards, c’est précisément ce que nous développons : une approche agile, sobre, respectueuse de l’environnement et orientée territoire. Nos unités sont pensées pour être déployées rapidement, entretenues localement, et adaptées aux contextes insulaires, ruraux ou périurbains – partout où l’accès à l’eau douce devient un enjeu de résilience.
Vers une transition hydrique juste et régénérative
Changer de modèle ne signifie pas seulement adopter une nouvelle technologie. C’est une transformation culturelle : penser l’eau comme un bien commun, renforcer la capacité d’action des territoires, valoriser les savoirs locaux. Le dessalement, dans cette perspective, devient un levier d’autonomie et de justice hydrique.
Cela suppose également de penser en système : relier la production d’eau à la gestion des sols, à la biodiversité, à l’agriculture, au développement local. Et de réparer ce que les anciens modèles ont abîmé, notamment les milieux marins fragilisés par les rejets de saumures concentrées.
Changer d’échelle… sans perdre le sens
Le défi du XXIe siècle n’est pas simplement de produire plus d’eau, mais de le faire autrement. Dans un monde de plus en plus fragmenté, les solutions robustes sont celles qui s’appuient sur l’intelligence des territoires, la sobriété énergétique et la circularité.
Sortir du modèle centralisé, c’est faire le pari de l’innovation territoriale. C’est refuser la fuite en avant technicienne pour proposer une transition hydrique choisie, maîtrisée, et au service du vivant.
Chez Seawards, nous sommes convaincus que l’avenir du dessalement passera par les territoires.